Des traces de l’architecture, industrielle ou sociale, classique ou moderne, racontent l’histoire du « village Bacalan », quartier à forte personnalité qu’une floraison de constructions est en train de faire basculer dans une ère nouvelle. L’avenir ne pouvant se construire en ignorant le passé, et alors qu’une nouvelle population prend possession des lieux, il est nécessaire d’évoquer l’âme de Bacalan et ses anciennes activités.
Le samedi 27 août, des habitants du quartier et des passionnés de l’histoire de Bordeaux se sont retrouvés à la Maison du projet des bassins à flot pour la conférence de Jean-Claude Déranlot « histoire des Bassins à flot et du quartier Bacalan ». Comme pour les cinq précédentes, des Urisiens étaient au rendez-vous.
 
 
 
Merci à Georges Gili de « l’Association pour la mémoire des martyrs de l’aéronautique », qui a évoqué le passé aéronautique de Bacalan et diffusé une documentation fort appréciée. C’est un beau thème pour une prochaine conférence.
Après un déjeuner sur la péniche « Bistro Régent » qui offre une vue panoramique sur les bassins à flot,le groupe s’est déplacé vers le pont du pertuis et le chantier naval de l’ARPEJe (Accompagnement et Recherche Psycho socio Éducatif pour les Jeunes).
De retour à la Maison du projet, Marc Barbezat a fait une présentation des constructions actuelles et futures.Au fond de la salle, des débris récupérés sur les chantiers témoignent de l’activité de la faïencerie Vieillard.
Ceux qui ont eu le courage d’affronter les effets de la canicule se sont engagés ensuite dans une marche qui les a conduits jusqu’à l’entrée du personnel de la raffinerie de sucre St Rémi, dernière activité industrielle
disparue en 1984.
Sur le chemin, une heureuse surprise pour les promeneurs : rue Achard, un permis de construire annonce – enfin – la restauration du pavillon Richelieu. Coïncidence, le même jour, Sud Ouest présente l’ambitieux projet de l’I. Boat. Quelques jours plus tard, le même journal publiera les objections de l’AUBAF (Association des Usagers des Bassins à Flot).
 
Comme il n’est pas possible de résumer en peu de mots toute l’histoire des bassins et du quartier Bacalan, nous nous contenterons d’évoquer ici quelques 
faits marquants.
Le quartier Bacalan n’a pu se développer qu’après l’asséchement des marais, la palu ; pour ces travaux il est fait
appel à un Hollandais Conrad Gaussen. Pourquoi Bacalan ? Aucun rapport avec la pêche à la morue, le nom serait celui d’une famille propriétaire.
Le « chemin du Roi », conduisait en face de Lormont où des passeurs assuraient des traversées régulières et pas toujours très sûres.
En séparant la navigation fluviale de la navigation maritime, la construction du pont de pierre est un bouleversement pour la vie de la zone.
De nombreuses activités vont ainsi prospérer en aval du pont, sur les deux rives.
 
Le moulin Teynac, utilisait la force des marées pour faire tourner ses meules. L’envasement rapide des bassins a conduit à un échec.
La faïencerie s’installera sur les lieux et connaîtra elle-même, pour d’autres raisons, un arrêt de sa production. Après les forges de Fumel (47), le nom de Dyle & Bacalan sera associé au quartier, connu aussi pour ses huileries.
 
Parmi les bâtiments marquants, il y a les Magasins des vivres de la Marine détruits par un incendie en 1919 (les archives du port y disparaissent à jamais), l
es bains douches et la crèche de la place Buscaillet. Jaques D’Welles, chef de service de la ville sera très impliqué dans ce projet confié à l’architecte Pierre Ferret.
Jacques d’Welles, est un des membres fondateurs de l’URIA, qui deviendra l’URISA. Bacalan possède aussi de nombreuses échoppes (plus de 600).
 
 
 
 
 
Au XIXe siècle, le développement du commerce impose la construction d’un bassin à flot. Au cours de la deuxième guerre mondiale les Italiens, puis les Allemands, prennent possession des lieux, comme en témoigne l’imposante présence de la base sous-marine. Les bassins à flot, c’est aussi le projet du canal de Grattequina, abandonné seulement dans les années 1960. Pendant des années les terre-neuvas, comme les usines, ont marqué l’histoire et la personnalité de Bacalan.
Le fleuve est inséparable de Bordeaux dont le premier port abrité se trouvait vers l’emplacement actuel de la place Saint-Pierre.
Si la construction d’un bassin à flot à Bordeaux est tardive – les ports concurrents en possédaient déjà – les écluses sont une véritable prouesse technique que les curieux ne manqueront pas de découvrir plus en détail dans les annales de l’École des Ponts et Chaussées de l’époque. Seules les portes situées « à l’intérieur » étaient commandées par des vérins hydrauliques. Leur mouvement était transmis aux porte « extérieures » par des chaînes, qui devaient avoir une tension constante, suffisamment de résistance et ne pas gêner la navigation dans les sas.
Le deuxième bassin sera ouvert en 1912 (fin des travaux en 1911).
 
La remise en service de la grande forme de radoub ne peut que réjouir les nostalgiques des constructions navales.
 
 
Pour en savoir plus, à bientôt pour la prochaine journée-visite qui sera à nouveau programmée en 2017.
Cette journée était organisée par le Club HEPAT (Histoire et Patrimoine, Arts et Techniques), jeune association née en 2016.
C’est un club, avec un « C » comme Convivialité.
Une conférence « Bordeaux-Lac, une histoire qui commence avant le lac » est en préparation.
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Jean-Claude DERANLOT
Administrateur URISA